- par le Barjot -
# Sortie il y bientôt deux mois dans nos salles obscures, A Scanner Darkly s'est affiché plutôt discrètement pour finalement n'être projeté que dans quelques rares cinémas. J'en profite pour rappeler qu'il faisait partie cette année de la sélection officielle à Cannes dans la catégorie "Un certaine regard". Et c'est bien dans cette catégorie que pourrait se trouver ce film extrêmement intriguant. En effet, j'étais déjà intrigué par l'affiche du film (ci contre), la présence de Keanu Reeves ainsi que par le fait que je n'avais pas vraiment entendu parler de ce film, ou plutôt que j'avais oublié ce que j'en savais. Ainsi donc, voila une nouvelle fois, après Paycheck ou encore Minority Report pour ne citer qu'eux, une adaptation d'une oeuvre du génial Philip K. Dick, l'un des plus grands auteurs de science fiction philosophique du 20ième siècle. Mais elle se démarque des précédentes et ce, avec une grande efficacité, eu égard à son style graphique unique qui en met plein les mirettes.
# En fait, les acteurs ont été filmés puis l'image a été retravaillée pour un résultat vraiment étrange mais extrêmement immersif étant donné le sujet traité. A la fois dessin animé, genre cartoon, ou jeu vidéo, genre cell shadding (dans le style animation en carton), l'esthétique est absolument époustouflante et attractive du début à la fin de l'histoire. Celle ci raconte, en Californie en 2013, la vie d'un homme interprété par Keanu Reeves, alias Bob Arctor, agent des stups. Ces derniers portent des combinaisons (assez fatiguantes visuellement parlant) qui leur garantissent un anonymat perpétuel. Ainsi, Bob Arctor est chargé par son supérieur de surveiller ses proches amis (une bande de drogués complètement déjantés qui vous feront certainement bien marrer lors de passages assez loufoques, comme lors de la discution dans la voiture sur la maison qui est restée ouverte) ainsi que lui même.
# Ce scénario nous plonge donc dans la paranoïa et la folie de quelques personnages shootés à une hyper drogue qui a pour effet de mettre en compétition les deux hémisphères du cerveau. Au final, on se rendra compte que l'angle d'approche est assez restreint et que nous sommes baladés dans un univers microscopique sur lequel on ne peut émettre que peu d'hypothèses. L'action est quelque peu répétitive, enfin si on peut parler ici d'action, tant la narration est lente, voire molle. Néanmoins, les acteurs et l'effet visuel rendent le tout intéressant et original, à tel point que le sujet et la réflexion, entre autre sur la drogue, sont bien mises en valeur, et on ressent même rapidement le style de l'écrivain P.K.Dick. En prime, l'oeuvre se termine par un passage du livre qui achève à la fois de nous plonger dans cet univers, mais aussi de nous permettre de s'approprier un morceau de la réflexion de l'auteur afin d'établir notre propre réflexion.
En bref : Visuellement, scénaristiquement, musicalement réussi, ce film est une oeuvre d'une grande originalité, d'une grande drolerie mais laisse aussi une étrange impression sur le spectateur, tant l'univers de l'auteur est bien retranscrit. Je pense qu'il n'a d'ailleurs jamais été aussi fidèlement rendue. Bref, A Scanner Darkly vous offre une expérience unique réservée aux fans de science fiction ou aux amateurs "du différent".
3/5



