Le dernier roi d'Ecosse -- (14/02/07)
- par Le barjot -
# Difficile pour nous, petits blancs d'Europe, de bien cerner la réalité de la vie quotidienne africaine et de son histoire. Certes, on connait le principe des dictatures qui rencontrent un succès fou sur ce continent où les groupes d'individus dits "de la liberté" ou "démocratiques" sont légions. Des films récents comme Lord Of War ou l'excellent Blood Diamonds nous permettent d'y voir un peu plus clair sur le fonctionnement global de la chaotique stagnation générale de la pauvreté sur ce continent au travers d'aventures et de récits musclés, originaux et bien réalisés.
# Le dernier roi d'Ecosse, avec son affiche plus colorée et moins américanisée, et aussi par son titre, se démarque ainsi des deux exemples cités. Il nous fait remonter dans les années 70, en Ouganda, afin de suivre les traces d'un jeune médecin écossais, le docteur Garrighan, fraichement dipomé, en quête d'aventures. Venu pour aider les africains et découvrir une vie plus ensoleillée, loin de la froideur de son pays d'origine, il va rapidement rencontrer le nouveau dirigeant du pays, le général Amin, dont l'accession au pouvoir est fétée à travers tout le pays. Quelque peu ignorant et candide, notre jeune médecin va se lié d'amitié pour ce chef plutôt marrant et devenir son médecin et même son conseiller personnel.
# Ainsi, le point de vue subjectif utilisé dans le récit, à l'exception de quelques rares séquences, apporte un cadrage particulier à l'histoire. De l'atmosphère de fête et de détente du début du film, on glisse doucement vers une ambiance tendue et d'une extrême violence. La progression se fait de manière lente mais ressentie, et le spectateur est pris en otage devant la gravité de la situation qu'on lui expose. Certes, du fait de l'aspect subjectif, on ne sait justement rien des sombres agissements du dirigeant, mais outre le fait qu'on ait des doutes, l'apparition progressive à l'image de faits troublants, ainsi que de la schizophrénie de ce chef, nous mettent sur la voie. Ma réalisation est alors grandement porteuse de cette situation en proposant des cadrages fins et serrés des protagonistes.
# Ceux ci sont, disons le franchement, extrêmement bien interprétés. Que ce soit le docteur Garrighan (alias .. ) ou le roi Amin (...), les performances sont bien réelles et les échos faits dans la presse spécialisé sont justifiés. Mais ils ne sont pas les seuls : les autres comédiens ne contrastent pas avec les premiers rôles, ils les encadrent même très bien. Bref, ajoutons à cela la bande musicale qui marque parfaitement tous les temps du déroulement de l'histoire évoquée précédemment, et nous avons fait le tour de ce qui est, me semble-t-il, une très bonne réussite. On sort de la salle marquée par le récit et en particulier par la violence de certaines de ses scènes. Cela dit, comme souvent, on se sent bien impuissant devant un passé qui ressemble beaucoup, eu égard à l'actualité, à la situation présente de l'Afrique.
# Le mot de Neyd : " "Le Dernier roi d'Ecosse" ? Quel titre spécial pour un film du genre. Avant de voir le film, je me suis demandé pourquoi un film sur l'Afrique et plus particulièrement l'Ouganda avait un titre aussi européen. Heureusement au cours de la séance j'ai petit à petit compris les raisons de ce titre. Bref, "Le Dernier roi d'Ecosse" m'a beaucoup plus non seulement parce qu'il aborde un thème qui me tient à coeur, l'Afrique, mais aussi pour les réalités qu'il retrace. On assiste à la descente aux enfers du Dr Carrigan qui était à la base venu en Afrique pour aider la population et profiter de la vie africaine. En effet, le jeune docteur commence son service dans un village, puis par hasard il sympathise avec le nouveau chef de l'Etat. A partir de ce moment là, il devient à la fois le conseiller, le médecin et l'ami d'un chef d'Etat extrêmement capricieux incarné par un acteur talentueux. Je n'en dis pas plus, "Le Dernier roi d'Ecosse" est un film à voir ne serait que pour comprendre le fonctionnement de certains pays africain et pour le jeu des acteurs. "
En bref : L'Ouganda nous livre une page sanglante de son histoire à travers un "héros" candide, évoluant dans un monde d'illusions. Un film très réussi, une clef pour comprendre certains enjeux et certaines réalités du monde d'aujourd'hui.
3/5
Merci à Neyd pour sa participation !